Epilogue du retour des « samarah » au pays des pharaons (1)

Epilogue du retour des « samarah » au pays des pharaons (1)

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« La charité bien ordonnée commence par soi-même », dixit un proverbe bien connu.

L’horloge numérique devant moi pointe 02h25mn, heure du Caire (00h25mn GMT), ce samedi 17 septembre. Je fais pression des deux mains sur les tampons dans mes oreilles pour ne plus rien ressentir, mais en vain. Il faut trouver autre chose, un peu de musique peut-être. Rapidement, j’engouffre les écouteurs dans mes conduits auditifs avec le réglage sur « volume max » et je pose les deux mains en cloche sur les oreilles comme pour m’insonoriser de tous bruits extérieurs. Mais la vibration de mon tympan continue de plus belle, elle semble même s’accentuer. Je remets donc mes tampons en place.

« Il me faut récupérer mon casque, il protègera mieux mon tympan probablement », pensais-je.

Mais comment l’atteindre ? Je l’ai soigneusement rangé dans mon sac à dos qui est dans le coffre à bagages juste au-dessus de ma tête et nous sommes tous attachés à nos sièges depuis un bon moment car nous entamons la descente vers le Caire. Au milieu des légères secousses et de cette sensation de flottaison que procure l’appareil en perte d’altitude, ma tête est sur le point d’exploser. Un fort sifflement me fait vibrer douloureusement les cordes auditives.

Franchement je n’en peux plus. Je jette un coup d’œil autour de moi pour bien vérifier que je suis normal et que tout le monde ressent la même sensation que moi. Mon voisin de gauche, un allemand assit côté hublot, semble assez à son aise les yeux mi-clos et un gros casque bleu sur les oreilles. A ma gauche se trouve un égyptien. Celui-ci se tient le lobe de l’oreille gauche et semble un peu mal à l’aise également mais d’une intensité moindre que moi.

Quand allons-nous atterrir ? J’ai un mal de chien.

J’aperçois distinctement les lumières de la ville mais le pilote ne cesse de faire des virages serrés à gauche et à droite comme si cela l’amuse de me faire du mal. Tout à coup, j’entends un sifflement étrange. J’ai l’impression qu’on me perce les tympans avec des aiguilles. C’est atroce et je me recroqueville sur les genoux les deux mains sur les oreilles, les yeux embués de larmes.

Etais-je en train de pleurer ? Je n’en sais rien.

Je vais aller bien voir la définition du verbe pleurer pour en avoir le cœur net. Le sifflement ayant baissé d’intensité, je lève un peu la tête et je constate qu’on a touché terre. Je souffrais tellement que je n’avais même pas remarqué qu’on atterrissait. J’enlève délicatement mes tampons. Je ressens des douleurs et des bourdonnements aux oreilles surtout au niveau de l’oreille gauche. Les voix et bruits qui me parviennent sont lourds et pas très précis. Je me frotte et re-frotte les oreilles comme pour enlever les éléments qui l’obstruent.

« Good bye ! », me lance avec un large sourire l’une des hôtesses à la sortie de l’appareil sans imaginer le calvaire que je viens de vivre.

Après quelques minutes de marche, me voici au niveau du « passeport control ».

Moi : Salam oustaz ! (en lui remettant mon passeport)

Contrôleur : Mr Jack, enta minin ?

Moi : Ana min Côte d’Ivoire

Contrôleur : Ah Kot Toufoire !, Drogba ! Drogba !

Moi : Aywa ! Shoukrane, massalema (en récupérant mon passeport cacheté).

Il est environ 3h00mn du matin, me voici de retour au pays des pharaons. L’arabe reprend ses droits car trouver un interlocuteur qui s’exprime en anglais est souvent difficile. Je saute dans un taxi après avoir dépoussiéré mon arabe avec le chauffeur (pas besoin de vous ennuyer avec ce dialogue de sourd, mdr), direction la gare d’Alexandrie, la belle cité balnéaire située à 220 km du Caire. Environ 3h de voyage m’attendent.

Traduction de l’échange avec le contrôleur :
Moi : Salut monsieur ! (en lui remettant mon passeport)
Contrôleur : M. Jacques, d’où venez-vous ?
Moi : Je viens de la Côte d’Ivoire
Contrôleur : Ah la Côte d’Ivoire !, Drogba ! Drogba !
Moi : Oui !  Merci et au revoir (en récupérant mon passeport cacheté).

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