Abidjan : les parcs à bétail de la Tabaski et leur cortège de pollution

TabaskiParc à bétail à Abobo- Abidjan. Crédit photo: Jallaski

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C’est bien connu, la fête de Tabaski rime avec le sacrifice d’animaux. Bœufs, moutons, cabris ou volaille, tous y passe en fonction des bourses. Ainsi, dans toutes les villes, des marchés à bétail sont ouverts pour que chacun puisse se procurer une bête. Mais, tous cela ne se fait pas sans un certain risque sur notre environnement.

L’état des marchés improvisés de la Tabaski

« Les marchés au bétails que j’ai visité sont sincèrement crasseux. Les vendeurs n’entretiennent pas leurs enclos. En plus, on abat des bêtes et les dépècent à côté sans nettoyer les restes », déplore Abdoul, à la recherche d’une bonne bête cadrant dans ses 60 000 fcfa de budget.

Tabaski

Parc à bétail à Abobo-Abidjan. Crédit photo: Jallaski

Les marchés aux bêtes ne sont effectivement pas très salubres. Mais, cela ne semble déranger personne. Les déchets produits par les animaux sont parqués sur place. Aussi, le ballet incessant des grosses mouches noires attirées par l’insalubrité n’est pas facile à supporter. Cependant, chaque jour vendeurs et acheteurs s’y côtoient pour essayer de faire une bonne affaire. En effet, cette forme de pollution semble bien négligée par les populations. Et, les services d’hygiène sont aux abonnés absents sur ces marchés. Mais ce n’est pas tout, il y a pire…

Des vieux pneus comme sources d’énergie…

La plupart des marchés dégagent de gros panaches de fumée noire. Il ne s’agit pas d’incendies, mais plutôt des feux pour nettoyer les animaux. Pour 1000 fcfa ou même moins, des jeunes offrent leurs services aux acheteurs. Ils nettoient et dépècent les bêtes. Un business plutôt lucratif, vu l’affluence sur certains marchés. Mais, il est triste de constater que les feux utilisés sont alimentés en vieux pneus usagés. En effet, négociés à 100 ou 200 fcfa aux vulcanisateurs, ces vieux pneus brûlent plus longtemps. C’est donc une meilleure source d’énergie pour ces dépeceurs que le bois qui coûte plus cher.

« A l’heure-là, s’il faut acheter du bois et le transporter ici, ça va prendre du temps et nous coûter cher. Avec les pneus, c’est rapide et ça dure plus longtemps. Un pneu peut aider à faire plusieurs moutons en même temps », explique Diomandé, un jeune d’à peine 15 ans.

Du temps et de l’argent, voilà ce qui donne l’avantage aux pneus en tant que source d’énergie.

Quels risques guettent ces jeunes qui inhalent ces fumés noires toute la journée ? Quels impacts ces panachent de fumées continuelles créent-elles sur les riverains et l’environnement ? Enfin, une viande nettoyée dans ces conditions est-elle saine à la consommation ?

Notons que, l’incinération des objets plastiques dégage des composés toxiques comme la dioxine. Ce composé est reconnu cancérigène pour l’homme. En plus, il s’accumule facilement dans les graisses animales lorsque le caoutchouc est utilisé de la sorte. Dans tous les cas, les débats restent ouverts.

Bonne fête de Tabaski à tous !

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Jallaski

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Je suis Jacques KIRIOUA, de nationalité ivoirienne. Spécialiste en agriculture durable, foresterie et environnement, je suis un blogueur amoureux des TIC et de l’écriture. J'ai découverts le blogging en 2010 avec une aventure d'écriture lancée par avenue225 et depuis, je suis devenu accroc. J'appartiens à la famille Mondoblog depuis 2016. Au plaisir d'avoir vos suggestions pour l'amélioration de mon blog!

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